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LE MOUVEMENT DES PEUPLES DE L’OCEAN INDIEN DENONCE L’IMPERIALISME FRANCAIS DANS L’ARCHIPEL DES GLORIEUSES SOUS L’HABIT VERT DE LA CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE

En vue de la célébration de la date symbolique du 26 juin 2021 qui correspond au 61ème anniversaire de l’indépendance de Madagascar, les organisations signataires de ce communiqué et membres du Mouvement des Peuples de l’Océan Indien, dénoncent l’atteinte à la souveraineté du peuple malagasy sur l’archipel des Glorieuses à travers sa transformation unilatérale en une réserve naturelle nationale par le gouvernement de la République française, suivant le Décret n° 2021-734 du 8 juin 2021[1].

 

Ce décret portant création de cette réserve naturelle nationale officialise la détermination de l’Etat français à assumer le néo-colonialisme qui continue à caractériser ses relations avec Madagascar, en dépit de l’exigence par l’Etat et les élus du peuple malagasy de la restitution des îles Éparses par la France et de « l’éradication des vestiges du colonialisme et la libération de tous les territoires africains sous occupation »[2], avec le soutien des Etats membres de la SDAC qui exigent l’application des résolutions des ministres de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) et de l’Assemblée Générale des Nations Unies (ONU) datant de 1979.

 

Selon le décret susmentionné, « le classement en réserve naturelle nationale se justifie par une diversité d’habitats côtiers et océaniques qui constituent le support d’une biodiversité d’un caractère patrimonial exceptionnel. Les Glorieuses sont notamment un site de reproduction privilégié pour les tortues vertes et imbriquées, les baleines à bosse et oiseaux marins. Ce territoire classé en réserve naturelle nationale permet la conservation de la biodiversité de l’archipel des Glorieuses et contribue à renforcer la résilience des écosystèmes voisins, dans un contexte régional de fortes pressions anthropiques, notamment liée à la pêche illégale et au changement climatique. Le décret fixe la réglementation applicable dans la réserve en tenant compte de la présence militaire sur l’île de Grande Glorieuse et encadre à ce titre les différentes activités qui s’y exercent.»[3]

 

Nous dénonçons l’idée coloniale et raciste à peine voilée par les habits verts de la protection de la biodiversité selon laquelle le patrimoine naturel de l’archipel des Glorieuses se portera mieux sans la population locale, à l’exception des militaires français qui l’occupent. La question de la souveraineté sur ces îles dont l’Etat français souligne la richesse en biodiversité en omettant délibérément de mentionner leur énorme potentiel bien connu en matière d’hydrocarbures, ne doit pas être réglée sous la couverture de la conservation de la diversité biologique et du renforcement de « la résilience des écosystèmes voisins », derrière laquelle se camoufle la volonté d’un contrôle accru de la France sur le patrimoine naturel exceptionnel des îles Glorieuses et sur le système de gestion de la biodiversité.

 

Les organisations signataires de ce Communiqué qui défendent la souveraineté des peuples de l’Océan Indien sur leurs territoires s’opposent de toutes leurs forces à cette transformation de la biodiversité malagasy en une province de la France, en violation des droits inaliénables du peuple malagasy à l’auto-détermination et à la libre disposition de ses richesses et de ses ressources naturelles.

 

En solidarité avec les organisations malagasy membres du Mouvement des Peuples de l’Océan Indien, nous appelons le Gouvernement Malagasy à poursuivre son noble combat pour la restitution d’une partie de son territoire national, et nous exprimons nos meilleurs vœux à tous les citoyens de Madagascar à l’occasion de la fête de l’indépendance qui symbolise leur liberté.

Organisations signataires :

• Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement – Océan Indien ;
• Association Echange Comores Océan INDIEN ;
• Maurice – Centre for Alternative Research and Studies & Rezistans ek Alternativ (Stefan Gua) ;
• La Réunion – Fondation Héva- Réunion (Laetitia Boqui-Queni) ;
• La Réunion – CADET Cindy ;
• La Réunion – Kervin GOVINDEN ;
• Rodrigues – Rodrigues Government Employees Association et la Rodrigues Workers Federation (Alain Tolbize) ;
• QG Zazalé (Zavyer Rivyer) ;
• Association K-pab6, Fabienne FLORAMIR ;
• Réseau des Jeunes pour le Développement durable de Madagascar ;
• Association Gny to tsy Mba Zainy ;
• Femmes en Action Rurale de Madagascar (FARM) ;
• Association Croix d’Or ;
• ONG FIANTSO Madagascar ;
• Alliance Nationale au Mouvement du Citoyen pour la Refondation (ANMCR) ;
• Le Mouvement Chrétien de Cadres et de Professionnels (MCCP-PAX ROMANA) ;
• Dis-Moi Madagascar ;
• Collectif des Organisations des Personnes Handicapées (COPH) ;
• Miasa ho Fampandrosoana an’i Madagasikara (MIFAMA) ;
• Organisation pour le Développement Intellectuel de Madagascar (ODIMA) ;
• Mouvement Jeunesse et Citoyenneté ;
• Association VIE NEUVE ;
• Plate-Forme Nationale des Organisations de la Société Civile de Madagascar – (PFNOSCM / VOIFIRAISANA) ;
• Coalition Nationale de Plaidoyer Environnemental – CNPE Madagascar.

 

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[1] <https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/texte_jo/JORFTEXT000043630106>

[2] Ditto

[3] Dixit le Ministre des Affaires Etrangères de Madagascar dans son appel au soutien des Etats membres de la SADC.

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