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HALTE A LA CRIMINALISATION DES DEFENSEURS DES DROITS HUMAINS ET DU PATRIMOINE NATUREL A MADAGASCAR

Le CRAAD-OI et les membres des antennes régionales de son Observatoire Indépendant des Droits Economiques, Sociaux et Culturels à Madagascar (OIDESCM) expriment leur profonde inquiétude face aux attaques et à la répression contre les défenseurs des droits humains et de l’environnement dans notre pays.

 

La mémoire collective est encore marquée par le procès récent de Clovis Razafimalala qui a été maintenu en détention de manière illégale et condamné à une lourde peine sur la base de fausses accusations, en raison de ses dénonciations du trafic illicite des ressources naturelles de Madagascar. Les défenseurs des droits humains avaient notamment souligné ” la tendance actuelle visant à réduire au silence les opinions critiques à Madagascar “[1].

 

La triste histoire de Clovis Razafimalala risque de se répéter avec l’inculpation de Raymond Mandiny, militant écologiste de longue date et responsable de l’Antenne de l’OIDESCM dans la région Diana, dans le cadre de ses activités de défense des droits des communautés affectées par le projet d’exploitation de terres rares de la société Tantalum Rare Earths Madagascar (TREM) à Ampasindava.  Cette inculpation est due à une plainte déposée à son encontre par le Chef du Cantonnement de l’Environnement, de l’Ecologie et des Forêts d’Ambanja pour diffamation publique et usurpation de fonction.

 

Il appartiendra au Tribunal de se prononcer sur la validité des motifs d’accusation lors de son audience prévue pour ce vendredi 08 septembre 2017 à Ambanja.  Cependant, les membres du CRAAD-OI et de l’OIDESCM considèrent que Raymond Mandiny est victime de persécution et de manoeuvres d’intimidation destinées à le faire taire. Tout comme pour Clovis Razafimalala, son cas servirait ainsi d’exemple à toutes les voix critiques qui pourraient s’élever contre ce projet minier potentiellement destructeur et ses promoteurs qui ont fait l’objet d’un précédent Communiqué conjoint du CRAAD-OI, du Collectif TANY et de l’Association MA.ZO.TO. en date du 28 août 2017[2].

 

Nous appelons tous les responsables étatiques concernés à respecter les engagements pris lors de l’adoption de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme par les Nations Unies en 1998, et à garantir leur protection contre toute forme de représsion.  Avec tous les défenseurs des droits humains et du patrimoine naturel de Madagascar, nous observerons le traitement du cas de Raymond Mandiny par le Tribunal d’Instance d’Ambanja avec la plus grande attention, et nous comptons sur l’indépendance tant proclamée des magistrats pour que justice lui soit rendue.

 

Antananarivo, le 07 Septembre 2017

 

Pour Le Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement – Océan Indien (CRAAD-OI) et l’Observatoire Indépendant des Droits Economiques, Sociaux et Culturels à Madagascar (OIDESCM) Zo Randriamaro, Coordinatrice.

 craad.madagascar@gmail.com ; https://craadoi-mada.com

[1] Deprose Muchena, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique australe, Communiqué de presse du 16 mai 2017.

[2] https://craadoi-mada.com/quil-importe-de-savoir-projet-minier-de-terres-rares-a-ampasindava/

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